Evolution, Ecologie et Paléontologie
( Evo-Eco-Paléo )
 

Unité Mixte de Recherche UMR 8198

Spéciation

Participants

Chercheurs et enseignants-chercheurs

Objectifs

La diversité, mesurée par le nombre d'espèces existantes, est le résultat d'une dynamique qui combine les processus générant de nouvelles espèces (événements de spéciation) et d'autres qui réduisent le nombre de taxons (extinctions). Les taux d'extinction contemporains, mesurés par la réduction du nombre d'espèces ou par la réduction continue de la taille des populations se révèle extrêmement importants, tant pour les plantes que pour les animaux, sans doute en conséquence des changements mondiaux en cours. Bien que la diversité des facteurs responsables des extinctions commence à être bien compris, nos connaissances sur les mécanismes de la spéciation sont relativement moins solides. Pour avoir un aperçu détaillé du processus de spéciation, il nous faudrait comprendre les différents facteurs provoquant l'isolement reproducteur, c'est-à-dire l'évolution des barrières entre espèces. Ces dernières ont des effets négatifs sur la viabilité ou la fertilité des hybrides, réduisant la possibilité d'hybridation entre des lignées ayant divergées.

Notre objectif est d'étudier ce processus à différents niveaux. Tout d'abord au niveau génomique, en identifiant certains facteurs expliquant la densité locale dans les gènes de spéciation. Certains grands patrons chromosomiques sont déjà bien identifiés empiriquement : par exemple, les chromosomes sexuels concentrent fortement les gènes agissant comme des barrières entre espèces. Deuxièmement, au niveau géographique car l'isolement des populations tendra à faciliter la fixation de ces barrières d'espèces, alors que la migration ralentira ce processus. Troisièmement, au niveau de l'environnement, pour comprendre comment les processus adaptatifs vont conduire à l'accumulation des mutations avec des effets différents sur la fitness des hybride.

Les principaux objectifs du groupe spéciation sont donc d'explorer les contributions de la génomique, de la géographie et des facteurs environnementaux sur l'émergence de nouvelles espèces. Pour répondre à ces questions sur les différentes sur les échelles de temps de l'évolution, le groupe rassemble des chercheurs avec des approches paléontologique, génétique, génomique, bioinformatique, phylogénétique et de morphologie quantitative.

Projets en cours

Utilisation de la diversité allélique et phylogénétique au locus d'auto-incompatibilité chez les Brassicaceae comme marqueur de goulots d'étranglements associés à la spéciation. X. Vekemans, C. Poux et C Roux.

Dans ce projet nous comparons la diversité allélique et les relations phylogénétiques entre allèles au locus d'auto-incompatibilité échéntillonnés au sein et entre espèces proches de manière à identifier d'éventuels goulots d'étranglement associés aux évènements de spéciation. Cette approche, utilisant le phénomène de maintien accru du polymorphisme ancestral sous l'effet de la forte sélection balancée au locus d'auto-incompatibilité (cf. Castric et al. Plos Genetics, 2008) est complémentaire et sera comparée à l'approche d'inférence démographique historique sur base du polymorphisme neutre à l'échelle du génome.